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UN CHIOT A LA MAISON :
Le choisir et lui permettre de découvrir le Monde



   
Ca y est c’est décidé… Vous en avez discuté en famille, avez réfléchi aux avantages et aux inconvénients… Vous souhaitez acquérir un chiot ! Même si de prime abord il semble plutôt facile et à la portée de tous de permettre à ce petit canidé immature de partager votre quotidien, il vous faudra prendre certaines précautions. Choisir un lieu d’acquisition sûr et permettre à votre nouveau compagnon de découvrir le monde et faire des expériences le préparera au mieux à la Vie.

La gestation influence le développement comportemental du chien


Dans l’espèce canine, la gestation dure entre 62 et 65 jours. Durant cette période, les embryons puis fœtus sont, par intermédiaire de la génitrice, en contact avec l’environnement extérieur. Ils y seront donc sensibles et des perturbations auront des conséquences sur le développement sensitif, émotionnel et comportemental du chiot.

Grâce aux études, notamment sur l’espèce humaine, les scientifiques ont pu mettre en évidence que deux types de communications influencent le développement fœtal lors de la gestation.

      •  Chez les animaux, les hormones permettent de répondre rapidement aux situations que vit l’individu tout d’abord par adaptation physiologique (activation ou inhibition de l’activité des organes, mise en place de chaines de réactions biologiques) qui entraineront des adaptations comportementales. Afin de communiquer au plus vite les informations qu’elles véhiculent, les hormones passent par le sang. La femelle gestante « communique » avec les fœtus via le placenta et donc par voie sanguine. Les modifications de concentration hormonale sanguine de la génitrice sont donc ressenties par les chiots en devenir.

      •  D’autre part, la mise en place du système nerveux se fait pendant cette période prénatal. Les fœtus seront donc capables de ressentir certaines contractions et palpations de la mère.

Prenons l’exemple du stress. Le stimulus produira chez la mère des modifications de concentration sanguine de certaines hormones (comme l’adrénaline et la noradrénaline) et ainsi modifiera l’activité des organes (contractions, relâchements..) qui pourraient être perçues par les fœtus à la fois via le placenta et via les contractions musculaires.

Lors du choix de l’élevage et du chiot, il sera donc important de s’intéresser à l’environnement d’implantation (stimulations trop importantes ou trop faibles des femelles gestantes) et à la capacité de gestion émotionnelle des chiens présents.

Ils sont nés ! Importance des conditions d’élevage et de la présence de chiens adultes compétents


En France, l’âge légal de vente ou de cession d’un chien est fixé à 8 semaines, et ce même si l’individu n’est « éthologiquement parlant » pas prêt à être séparé de la mère. Durant cette période (et normalement jusqu’au rejet des chiots par la mère), le chiot se développera physiquement, intellectuellement et comportementalement. Comme lors de la gestation, l’environnement extérieur aura un impact fort sur le chien adulte qui commence à se forger.

Le lieu d’implantation de l’élevage est primordial. Vous devrez choisir un lieu qui se rapproche un maximum de celui où vous vivez. Ainsi les stimulations que vivra quotidiennement votre chien seront connues et il n’aura pas de mal à les gérer émotionnellement. Si vous vivez en ville, prendre un chiot dont les premiers mois de vie se seront passés à la campagne sans les stimulations dues au bruit, aux voitures et à l’agitation constante pourraient mener votre chien à des grandes perturbations intérieures. Il développera un fort mal être qu’il vous montrera aux travers de comportements quotidiens que vous jugerez inadaptés (arrachage de poils, destructions, aboiements, refus de s’alimenter…). Il est donc plus que nécessaire que vous rendiez sur place. Les chiots vendus sur les foires ou qu’on vous propose de vous livrer par transporteur sont à proscrire.

Choisissez un élevage où les chiots vivent des expériences (attention à ce qu’ils n’en vivent pas trop non plus ! Il faut un juste milieu) et ce surtout lors de la période de socialisation ayant lieu entre la troisième et la douzième semaines. Par exemple, il est important que votre chiot soit sensibilisé à tout type de personnes : des grands, des petits, des enfants, des personnes âgées, des personnes en fauteuils roulants… afin de ne le mettre dans un état de stress (et donc de mauvaise gestion de ses émotions) lorsque vous en croiserez une fois votre chien adulte. D’autre part, c’est également durant cette période que devra être faite une éventuelle familiarisation à d’autres espèces animales comme les chats ou les NAC. Grâce à cette socialisation interspécifique, vous pourrez limiter et prévenir les comportements de prédation et d’agression envers d’autres espèces.

Durant cette période a également lieu la socialisation intraspécifique, c’est-à-dire l’apprentissage du langage chien. La présence d’adultes correctement sociabilisés, ayant bien acquis les différents modes de communication canin est nécessaire afin que les chiots soient les plus compétents possibles (aussi bien dans le quotidien que s’ils doivent par la suite eux-mêmes éduquer des chiots). C’est grâce aux interactions avec la mère, les autres adultes et durant les jeux entre chiots que se fera l’acquisition des autocontrôles comme l’inhibition de la morsure, l’apprentissage des séquences comportementales en trois phases (appétitive, consommatoire et d’arrêt). Pendant ces périodes précoces du développement, la mère correctement sociabilisée apprendra également aux chiots à ne pas éliminer dans le lieu de vie (s’éloigner du lieu de couchage), à se soumettre face aux adultes (position sur le dos gardée du réflexe primaire périnéal)…

Si la rupture du lien d’attachement (c’est-à-dire le détachement) était initiée de manière naturelle, les mâles seraient indépendants de la mère vers quatre mois et les femelles après leurs premières ou deuxièmes chaleurs. Or nous forçons la rupture autour de huit semaines. Il est donc important de continuer les apprentissages initiés par les adultes du groupe afin d’avoir un chiot le plus compétent possible et le plus apte à gérer ses émotions.

Choisir son chiot au sein d’une portée


Une fois le lieu d’élevage et la portée choisis, il ne vous reste plus qu’à choisir laquelle de ces boules de poils partagera votre quotidien d’ici quelques semaines. Mais comment choisir au milieu de tous ces chiots ? Y a-t-il des critères importants à prendre en compte ?

Dans la littérature et sur Internet, on trouve des tests permettant, soit disant, de désigner le caractère profond de chaque chiot et ainsi de pouvoir en choisir un vous correspondant au mieux.

Je ne vous conseille pas d’utiliser ce type de test mais plutôt d’utiliser des critères que vous aurez choisi et défini par vous même. Par exemple, appeler les chiots en s’accroupissant et en attirant son attention.

D’autre part, vous pouvez demander à l’éleveur, qui aura suivi les chiots depuis la naissance, pourra vous orienter en fonction des critères que vous lui aurez décrits. Cependant, souvenez-vous qu’un chiot de deux mois est intéressé par la nouveauté et par ce qui lui semble invitant et joyeux. Aussi si un ou des chiots restent dans un coin ou partent se cacher de vous le plus loin possible, vous pourrez émettre l’hypothèse d’une difficile gestion émotionnelle et donc d’une éventuelle mauvaise adaptabilité du chiot à un nouvel environnement.

Enfin à la maison ! Organisation du quotidien


      •  Lui permettre de vivre des expériences pour qu’il continue à se développer est important. Faites lui vivre des situations auxquelles il devra souvent faire face (la foule, la voiture…).


      •  Expliquer aux enfants que le chiot n’est pas un jouet (ni le chien adulte d’ailleurs !). Il leur faudra apprendre à le respecter, à reconnaître les moments où il a besoin de tranquillité et ceux où il est disposé à jouer (attention toujours sous votre vigilance ! On ne laisse jamais un chien et un enfant sans surveillance).


      •  Afin que votre compagnon à quatre pattes se sente bien dans sa nouvelle famille, il est important qu’il ait un endroit sécurisant à lui (et rien qu’à lui) dans la maison. Cela lui permet de se reposer ou de se mettre à l’écart si il en a besoin. Il est préférable que le chien ait un panier, un coussin, une couverture : un espace est donc clairement défini à la fois pour l’animal mais également pour les humains composant le foyer. Evitez de proposer un endroit trop grand, il pourrait vite devenir anxiogène !


      Les chiens ont besoin de clarté dans nos comportements afin de comprendre la place qu’on leur donne. Un chien ayant toujours un œil sur tout pourrait se sentir mis en position de leader et ainsi agir en tant que tel avec les habitants du foyer (hommes et animaux). Evitez donc de l’installer près de la porte d’entrée, préférez un endroit au calme loin des passages constants des membres de la famille. Si vous avez des enfants, prenez donc le temps de leur expliquer qu’on ne dérange pas le chien quand il est dans son panier, qu’il a besoin de se reposer au calme et de se remettre de ses émotions. La prévention vous évitera bien des accidents.

      •  L’apprentissage de la propreté : Il est initié par la mère qui apprend aux chiots à ne pas éliminer dans le lieu de couchage. Cependant les sphincters du chiot ne sont complètement fonctionnels que vers 4 mois, vous aurez donc à anticiper et ramasser quelques accidents.

      L’anticipation : il devra être sorti après chaque sieste et chaque épisode de jeux afin de favoriser l’apprentissage de la propreté. N’oubliez pas de le féliciter par la voix, le contact physique et la friandise lorsqu’ ‘il a fini d’éliminer ! Renforcer chaque comportement que vous souhaitez voir se reproduire et ignorer ceux que vous voulez voir disparaître !

      S’occuper des accidents : nettoyer c’est se mettre à hauteur du chiot et dans une position invitant aux jeux. De plus, vous donnez de l’importance à ce que vous ramassez, votre chiot pourrait donc trouver intéressant de jouer avec. Il est donc conseillé de nettoyer hors de vue de votre chiot…


      •  Les chiens ont besoin de se défouler et de contacts avec leurs congénères. Les ballades dans le quartier permettront à votre compagnon à poils de « relever leurs emails » en reniflant le passage des autres chiens. Des sorties en forêt ou dans les champs seront d’autre part l’occasion de courir sans laisse par exemple et ainsi d’agréablement se défouler. Il est donc conseillé, si vous en avez la possibilité, de sortir votre chien hors de votre jardin quotidiennement pour son bien-être et donc pour le vôtre également. D’autre part, des contacts directs avec d’autres chiens sont nécessaires au bien être de votre chiot (puis de l’adulte qu’il deviendra), n’hésitez pas à participer à des promenades organisées ou des séances d’éducations (avec moments de détente où les chiens seront lâchés tous ensemble) par exemple.

      •  Les ressources (l’accès à la nourriture, les contacts sociaux et l’organisation de l’espace) sont gérées par le leader, celui qui ne se laisse pas modifier par les autres. Il est important que votre chiot n’est pas l’ascendant sur ces trois points afin que sa relation avec vous soit la plus claire possible.

La nourriture : il est conseillé de donner à manger au chiot dans un endroit calme, et de le laisser seul 10 minutes avec la gamelle. Passé ce temps, lui enlever. Un chiot mange dans un premier temps trois fois par jour. A partir de six mois vous pourrez passer à deux.

Les contacts sociaux : ne soyez pas répondant aux demandes d’attention de votre chiot. Vous pouvez (et devez !) bien sûr le caresser et jouer avec lui mais uniquement quand vous l’aurez décidé. L’arrêt de ses moments est également de votre chef et pas du sien !

L’organisation de l’espace, la gestion de déplacements : évitez de laisser libre accès à toutes les pièces de votre habitation. Définissez où votre chiot a le droit d’aller et où il ne devra pas poser une patte. Evitez également de le laisser vous fliquer : vous pouvez vous déplacer comme bon vous semble sans qu’il vous suive à tout va !


Manon SCHAAF
Comportementaliste spécialiste des relations Homme / Chien
Ostéopathe pour chiens

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